L’écodesign, le mobilier de demain ?

 

En 2015, les meubles écoconçus ont permis d’éviter le rejet d’environ 70 000 tonnes de CO2. Une tendance séduisante pour la planète et pour les consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à y adhérer.

Depuis quelques années, un mode de vie plus sain et responsable, par une alimentation bio ou un recyclage quotidien, tend à être adopté. Sur le marché du mobilier, cette tendance se traduit par l’écodesign, de plus en plus présent. Si le design s’inscrit initialement dans une société de consommation, l’écodesign consiste à consommer de manière responsable. Complexe donc d’intégrer l’écodesign sur le marché du mobilier même si de plus en plus de créateurs, conscients des enjeux écologiques, tendent à promouvoir des produits éco-conçus.

 

Le design au service de l’écologie

Pour Alessandro Vicari, architecte, designer et enseignant à l’ESAD d’Orléans, la consommation de masse a contraint la nature aux besoins de l’homme des produits naturels et écologique. « Les chercheurs ainsi que les industriels s’intéressent de plus en plus aux matériaux écologiques qui respectent l’environnement et qui rentrent dans le cadre du développement durable », explique Faissal Chedgani, enseignant chercheur à l’ENSAM. C’est ce qu’a fait Philippe Stark avec sa chaise Zartan Eco, entièrement en fibres de chanvre. L’utilisation de cette plante ne nécessite aucun pesticide et son passage de matière première à secondaire ne requiert aucun produit chimique.

En lui-même, le principe de l’écodesign connaît un vif succès notamment dans les médias. Le designer Antoine Laymond, spécialiste de l’upcycling, a en effet animé plusieurs émissions à ce sujet sur Canal + (Maison +), France 5 (Coté Maison) ou encore dernièrement l’émission (Redesign, sauvons les meubles) sur M6 avec Emmanuelle Rivassoux et Sophie Ferjani, destinées à public de plus en plus impliqué dans l’écologie et la volonté de faire par soi-même (DIY – Do It Yourself). Cependant, l’écodesign étant peu représenté sur le marché, seulement 0,13 % des ventes, il n’est pas toujours aisé pour le consommateur de s’y retrouver. Néanmoins, la création de label favorise sa reconnaissance.

 

Le label, un gage de qualité
Il existe en effet plusieurs pictogrammes certifiant que le meuble respecte l’environnement mais un seul est officiellement reconnu. Afin de promouvoir un mode de vie plus écologique, le Ministère de la Culture et de la Communication et l’AFNOR (organisme de certification) ont défini en 1991 le label NF Environnement Ameublement. Il permet aux consommateurs de reconnaitre, par une étiquette apposée sur le meuble, un produit écoconçu. Cet écolabel s’obtient sur une vingtaine de critères qui assurent au client une fabrication 100 % écologique suivant un schéma de production strict comme la traçabilité des matières premières et l’utilisation d’emballages recyclables ou réutilisables.

En parallèle, certaines entreprises d’ameublement travaillent à une démocratisation de l’écodesign en proposant à leurs clients un mobilier éco-conçu. C’est notamment le cas de Roche Bobois qui, en collaboration avec FCBA (institut qui délivre les labels NF Environnement Ameublement), développe une gamme de produits respectant le schéma de l’écoconception.

 

Un marché à conquérir

En dépit de ces efforts, la pression du marché rend difficile l’expansion de l’écodesign. « Le marché à proprement parlé tend à se développer, et même si nous n’en sommes plus aux balbutiements, comme il y a une dizaine d’années, beaucoup de choses restent à faire », constate Marine Sanjou, chef de projet à la galerie Kreo (Paris, Londres). « L’écodesign, à défaut d’être une norme, est encore trop perçu comme une contrainte aux yeux des éditeurs, fabricants et distributeurs ». En effet, l’écodesign n’est pas encore considéré comme une source d’investissement rentable pour les entreprises. En outre, les prix restent peu abordables, limitant la clientèle.

Malgré un concept prometteur, la transition des habitudes de consommation ne se fera pas aussi aisément. Antoine Laymond reste toutefois optimiste : « L’écodesign finira par aboutir au sein du marché mais le changement se fera dans la douceur. »

 

Alors n’oubliez pas, peut-être qu’il n’est pas encore l’heure de jeter vos vieux meubles, Antoine Laymond pourra leur donner une seconde vie !

©Antoine Laymond

                                Co rédaction : Katia Jugi et Audrey Ackermann

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